Curatorial

*EYES WILD OPEN.

http://www.eyeswildopen.net/

« (…) A trembling photograph, but why is it trembling? Is it trembling with fear? Anger? Alcohol? Madness, love or cold? With laughter perhaps? A howling trembling of the soul, of the hands, of the eyes… probably there at the very instant it is triggered, but quite obviously already present some time prior. Screeching in this mythical hinge in which some photographers have chosen to describe the state of their being to the world, rather than the state of the world.»

MUSEUM OF BOTANIQUE, BRUSSELS, 22 february / 22 april 2018.

BOOK AT ANDRE FRERE EDITIONS.

For the first time in the world, this exhibition will make 70 years of photography converse in a unique scenography, mixing rare vintages, new works, projections, texts and rare books of almost 30 photographers from 17 nationalities in the prestigious art center of the Museum of Botanique.

« Splendor and Trembling », Focus Vif.

« A dance with life », De Standaard.

« Poetic, coherent and rich, Eyes Wild Open goes through the eyes wide open », Polka.

« Eyes Wild Open (…), is immediately becoming a landmark in the history of photography », La Libre Belgique.

« We must hurry to Brussels to discover the unique story of this photography that trembles which should not leave you indifferent. » FishEye Magazine.

« Eyes Wild Open is the exhibition that must be seen to understand the strength of language in images and the links of descent that exist between generations of photographers. », Marie-Claire.

« A delight », TéléMoustique.

« An exhibition with images that each impress in itself and merge into a time frame of about seventy years of powerful development of the medium of photography. » Bred Beld.

« An artistic and intuitive journey around transgressive photography », Brussels is Yours.

« An exhibition full of humanity not to be missed », BrowniE Photo.

Including works of :

William Klein – Robert Frank – Ed van der Elsken – Christer Strömholm – Daido Moriyama – Miyako Ishuichi – Takuma Nakahira – Provoke – Anders Petersen – Paulo Nozolino – Dolorès Marat – Antoine d’Agata – Klavdij Sluban – Michael Ackerman – Lorenzo Castore – Jehsong Baak – JH Engström – Olivier Pin-Fat – Tiane Doan Na Champassak – Jacob Aue Sobol – Gilles Roudière – Arja Hyytiäinen – Alisa Resnik – Stéphane Charpentier – Gabrielle Duplantier – Yusuf Sevincli – Sébastien Van Malleghem – Sohrab Hura.

Botanique exhibitions director : Marie Papazoglou.

Curator : Marie Sordat.

Scenography and graphics : Alexandra Delabie assisted by Mike Derez.

Book introduction and exhibition texts writing : Caroline Bénichou.

 


Book at André Frère Editions,
including an introduction of Caroline Bénichou, exclusive texts and interviews of Christian Caujolle, Magali Jauffret, Brigitte Ollier, Laura Serani, Jean-Kenta Gauthier, Diane Dufour, Gilou Le Gruiec…

Graphic design by Mike Derez.

Hard Cover / 240 p / B&W and color / 150 pictures.

andre-frere-editions-logo

 

 

 

*LE REGARD EXERCE.

ISELP, Contemporary Art Center, Brussels, 2013.

http://iselp.be

Contemporary exhibition and installations about photographic archives of Insas, from 1962 to 2012.

Curatorial : Marie Sordat / Christian Châtel.

 

 

Catalogue directed by Marie Sordat and Christian Châtel. Artwok Laure Houssiau. INSAS Editions / 2013.

 

French only.

« Octobre 2012, je pénètre précautionneusement dans les anciens coffres de l’Insas. Je dois fouiller les archives photos pour célébrer les cinquante ans de l’école à L’Iselp. Cinquante ans…Je donne le cours de photographie depuis trois ans, et j’ai été étudiante ici moi aussi, mais suis-je la bonne personne pour me plonger dans cet océan de dossiers jaunis par le temps…
Mon regard se promène sur les étagères, des écritures vieillottes marquent les années, 1962-63, c’est donc à ce moment-là que tout a commencé.
Ce cours de photo, je l’ai suivi aussi, ce sera le seul mais ce sera celui qui déterminera toute une vie puisqu’en sortant de l’Insas, je deviendrai photographe. On entre dans ce métier comme on entre en religion, ce qui s’est passé entre ces murs fût pour moi fondateur. C’est Eric Van Dieren qui me donna ce cours, et qui le donna pendant trente-cinq ans. Comme tant d’autres avant et après moi, je garde un souvenir fort de ces quelques semaines passées avec ce professeur dont le regard, l’esprit d’analyse et la bienveillance construisirent mon regard. La nature morte, le portrait, le reportage, l’espace, autant d’exercices qui raisonnent encore, et qui soudain prennent racine sous mes yeux au moment où je commence à ouvrir les dossiers sagement alignés. « A l’attention de Mme Lagrange », tapé à la machine. Edmée Lagrange, c’est elle qui a créé ce cours, qui en posa les fondements. Cinquante ans après, je ne suis que la troisième professeur à donner ce cours, et nous pratiquons encore certains de ces exercices. Réaliser à quel point ils n’ont rien perdu de leur pertinence pédagogique après tout ce que la photographie a subi comme métamorphoses est le plus bel hommage que l’on pouvait rendre à cette dame.
Alors, passéiste cette ligne conductrice? Rétrograde cette volonté de prolonger le travail en argentique ? A mesure de mes découvertes, je visualise à quel point c’est précisément le contraire. La photographie est un média dense, mobile, et elle mérite d’être appréhendée par ses origines pour en percevoir toute la richesse. Pendant trois semaines, dans cette cave au fond du couloir, je regarde passer les époques et les modes, je regarde mai 68 arriver, je regarde Bruxelles se transformer, en vérité je regarde ce que des étudiants de vingt ans disent d’eux-mêmes et du monde depuis cinq décennies, armés simplement d’un appareil photo et d’une pellicule. Un jour, je tombe sur mes images, 1997, puis celles de mes propres étudiants, 2012. Prises soudain dans le flot du temps qui passe, tout prend alors sens sous mes yeux.
Pour préparer cette exposition, Christian Châtel et moi-même avons regardé et trié des milliers d’images, à la recherche de photographies transcendant le cadre de l’exercice pour engendrer une valeur propre. Projections, expérimentations visuelles et sonores, l’Iselp était le laboratoire idéal pour évoquer le passé en lui donnant l’opportunité de nous parler de notre façon de penser les images aujourd’hui. »

Marie Sordat