Curatorial

*EYES WILD OPEN.

COMING TO THE BOTANIQUE MUSEUM, BRUSSELS, 2018.

An historical and subjective story of some kind of photography, from the 50’s to nowadays.

Botanique exhibitions director : Marie Papazoglou.

Curator : Marie Sordat.

Scenography : Mike Derez and Alexandra Delabie.

Texts coordination : Caroline Bénichou.

 

On the occasion of the exhibition a book will be released at André Frère Editions in 2018.

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*LE REGARD EXERCE.

ISELP, Contemporary Art Center, Brussels, 2013.

http://iselp.be

Contemporary exhibition and installations about photographic archives of Insas, from 1962 to 2012.

Curatorial : Marie Sordat / Christian Châtel.

 

 

Catalogue directed by Marie Sordat and Christian Châtel. Artwok Laure Houssiau. INSAS Editions / 2013.

 

French only.

« Octobre 2012, je pénètre précautionneusement dans les anciens coffres de l’Insas. Je dois fouiller les archives photos pour célébrer les cinquante ans de l’école à L’Iselp. Cinquante ans…Je donne le cours de photographie depuis trois ans, et j’ai été étudiante ici moi aussi, mais suis-je la bonne personne pour me plonger dans cet océan de dossiers jaunis par le temps…
Mon regard se promène sur les étagères, des écritures vieillottes marquent les années, 1962-63, c’est donc à ce moment-là que tout a commencé.
Ce cours de photo, je l’ai suivi aussi, ce sera le seul mais ce sera celui qui déterminera toute une vie puisqu’en sortant de l’Insas, je deviendrai photographe. On entre dans ce métier comme on entre en religion, ce qui s’est passé entre ces murs fût pour moi fondateur. C’est Eric Van Dieren qui me donna ce cours, et qui le donna pendant trente-cinq ans. Comme tant d’autres avant et après moi, je garde un souvenir fort de ces quelques semaines passées avec ce professeur dont le regard, l’esprit d’analyse et la bienveillance construisirent mon regard. La nature morte, le portrait, le reportage, l’espace, autant d’exercices qui raisonnent encore, et qui soudain prennent racine sous mes yeux au moment où je commence à ouvrir les dossiers sagement alignés. « A l’attention de Mme Lagrange », tapé à la machine. Edmée Lagrange, c’est elle qui a créé ce cours, qui en posa les fondements. Cinquante ans après, je ne suis que la troisième professeur à donner ce cours, et nous pratiquons encore certains de ces exercices. Réaliser à quel point ils n’ont rien perdu de leur pertinence pédagogique après tout ce que la photographie a subi comme métamorphoses est le plus bel hommage que l’on pouvait rendre à cette dame.
Alors, passéiste cette ligne conductrice? Rétrograde cette volonté de prolonger le travail en argentique ? A mesure de mes découvertes, je visualise à quel point c’est précisément le contraire. La photographie est un média dense, mobile, et elle mérite d’être appréhendée par ses origines pour en percevoir toute la richesse. Pendant trois semaines, dans cette cave au fond du couloir, je regarde passer les époques et les modes, je regarde mai 68 arriver, je regarde Bruxelles se transformer, en vérité je regarde ce que des étudiants de vingt ans disent d’eux-mêmes et du monde depuis cinq décennies, armés simplement d’un appareil photo et d’une pellicule. Un jour, je tombe sur mes images, 1997, puis celles de mes propres étudiants, 2012. Prises soudain dans le flot du temps qui passe, tout prend alors sens sous mes yeux.
Pour préparer cette exposition, Christian Châtel et moi-même avons regardé et trié des milliers d’images, à la recherche de photographies transcendant le cadre de l’exercice pour engendrer une valeur propre. Projections, expérimentations visuelles et sonores, l’Iselp était le laboratoire idéal pour évoquer le passé en lui donnant l’opportunité de nous parler de notre façon de penser les images aujourd’hui. »

Marie Sordat